L’écologie s’immisce dans la crémation et l’inhumation

L’écologie s’immisce dans la crémation et l’inhumation

Par Sabah Kemel Kaddouri Publié le 31/10/2014 à 07:59

 

Le développement durable s’invite dans les moeurs, même en matière de fin de vie. L’incinération, qui gagne du terrain, pèse sur l’environnement. Tandis qu’en matière d’inhumation, des alternatives plus vertes se développent.

Alors que le rite funéraire de la crémation a les faveurs de plus de 30% de Français, son impact écologique pose parfois question. En cause? Les différents polluants rejetés dans l’atmosphère par les crematoriums. La combustion du corps et du cercueil génère de nombreuses poussières et émanations toxiques: dioxyne, monoxyde de carbone, oxydes de soufre, oxydes d’azote, acide chlorydrique, acide sulfurique…L’Association française d’information funéraire (AFIF) précise que l’empreinte écologique de l’incinération s’élève à 160 kg d’émission de gaz à effet de serre, contre 39 kg pour une inhumation.» En revanche, ce rapport s’inverse dans le temps, car après cinquante ans, «la tombe de pleine terre, surveillée, arrosée et entretenue, émettrait 10% de CO2 de plus que la crémation».

«Aucune étude sérieuse n’a été menée pour comparer l’empreinte écologique de l‘inhumation et celle de la crémation», rétorque le directeur général des services funéraires de la ville de Paris, François Michaud Nérard. Pour sa part, le président fondateur de l’AFIF, Michel Kawnik, évoque au sujet de la crémation des «risques de santé» sur les riverains avec un rejet atmosphérique de «dioxines, mercure, plomb cadmium et autres métaux lourds».

«Seuls 50% des crématoriums sont en conformité»

Jean Chabert (Fédération française de crémation)

Les pouvoirs publics se sont saisis de la question en 2010 en publiant un décret relatif à la quantité maximale de polluants rejetés dans l’atmosphère. Quatre ans après, seuls 50% des établissements se révèlent en conformité: «Les systèmes de filtration actuels prennent beaucoup de place. Pour les anciens crématoriums, il faut souvent construire un nouveau bâtiment pour les abriter», explique le vice-président de la Fédération française de crémation. L’application législative est donc bien plus aisée pour les crématoriums récents.

Le Parisien, qui consacrait jeudi un article à l’impact écologique de la crémation, mentionne le crématorium de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) qui apparaît le plus en pointe grâce notamment à son procédé de récupération thermique permettant de préchauffer l’air de combustion. Cette technique innovante, mais coûteuse, permet au site de réaliser une économie de près de 25% sur sa consommation de gaz naturel (le Conseil régional lui a d’ailleurs alloué 100.000 euros au titre de l’amélioration de la qualité de l’air).

Des cimetières dit «naturels»

La préoccupation environnementale gagne aussi l’inhumation. Certaines villes revisitent ainsi la manière de mettre en terre leurs défunts en introduisant un cahier des charges plus vert. Au printemps dernier, la ville de Niort (Deux-Sèvres) a inauguré un nouveau cimetière «naturel» pour accueillir les dernières volontés d’hommes et femmes adeptes de pratiques écologiques. Pour y être inhumé, il faut renoncer à la pierre tombale, ne pas avoir recours à la thanatopraxie (soin chimique porté au corps avant sa mise en bière, NDLR), se convertir à un habillage à base de fibres naturelles, aux cercueils en bois non traités issus de matériaux recyclés et biodégradables, en privilégiant les «circuits courts». Quant aux tombes, elles doivent être symbolisées par un pupitre en pierre calcaire locale. S’agissant des crémations, les urnes en matériaux – forcément biodégradables – sont ensevelies en pleine terre. Tout un ensemble qui garantit, selon la ville, une cohérence avec sa politique développement durable mais dont la généralisation nécessite encore un changement culturel en France. En Grande-Bretagne, près de 200 cimetières «naturels» ou boisés ont vu le jour, représentant plus de 10% de toutes les inhumations.

 

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